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[Kinotayo] TAG

29 novembre 2015 at 16:05 / by

Mon second film de cette 10ème édition de Kinotayo, mais le premier en compétition officielle, TAG, ne gagnera surement pas grand chose lors de la cérémonie de clôture en fin de semaine. Non pas que le film soit mauvais, j’ai même coché que je l’avais apprécié sur le bulletin de vote officiel, mais il est beaucoup trop segmentant, parodique et absurde pour rassembler une majorité autour de lui. D’ailleurs la salle hier soir n’était même pas à moitié remplie…

TAG_dir_Sion SONOContrairement au film « Le Garçon et La Bête » je savais déjà plus ou moins à quoi m’attendre avant la projection. Je connaissais les actrices principales, et notamment Shinoda Mariko, une ex-AKB48, le réalisateur, SONO Sion, très en forme en ce moment puisqu’il a dégainé pas moins de 6 films en 2015, et j’avais également vu le teaser. SONO Sion n’est pas un cinéaste comme les autres et le trailer de TAG (リアル鬼ごっこ, Riaru Onigokko) confirme les penchants de ses oeuvres précédentes, à savoir le gore, la poésie et le sexe. Le gore passe très bien, surtout dans un film « d’horreur » à la japonaise, la poésie essaie de donner une justification spirituelle au scénario, quant au sexe il est un peu trop posé de manière totalement gratuite. Mais bon des japonaises en petite culotte ça ne peut que marcher. Au Japon.

Le film est très nettement découpé en plusieurs parties, d’une part scénaristiquement mais également par rapport au type de contenu qu’on y a trouve à l’intérieur. On peut alors distinguer :
INTRO
ECOLE
MARIAGE
COURSE
EPILOGUE

Et cela commence donc très fort avec une introduction très courte (peu de blabla inutile pour nous introduire les personnages) qui sert à amener le thème principal du film : Le gore et la fuite. La surprise est totale. On se doute que quelque chose va arriver, mais pas aussi vite et pas de cette manière. Rien n’est réel, tout est exagéré, le sang gicle vraiment avec beaucoup d’intensité mais la manière dont les bus scolaires et les élèves sont découpés est vraiment jouissive. L’héroïne, jouée par Reina Triendl, est donc la seule survivante de cette intro et elle va courir, courir, pour sauver sa vie de ce… vent. Ah oui, car à ce moment du film nous n’avons bien entendu aucune explication et le serial killer de TAG est donc juste… le vent, qui découpe tout sur son passage. Enfin presque tout puisqu’il épargne étrangement l’héroïne, qui ne court pas si vite que ça ^^
On a eu le gore et on nous introduit rapidement le sexe également puisque l’héroïne devra changer ses habits ensanglantés qu’elle arrachera devant la caméra. C’est bon on est bien dans du SONO Sion.

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La première partie commence véritablement lorsque Mitsuko, le nom de notre héroïne au début, arrive, de par sa fuite, dans un lycée privé pour filles paumé près des bois. Et le second élément surnaturel (après le vent assassin) c’est que tout le monde semble la connaitre, comme si elle avait fréquenté ce lycée depuis toujours. Serait-ce donc une histoire de monde parallèle ? Honnêtement cette partie est la meilleure du film car elle est plutôt longue mais bien maitrisée entre les moments calmes et poétiques, les scènes d’actions et surtout on a enfin une vraie présentation des personnages secondaires, les amies de l’héroïne, comme dans tout film classique. Cette phase est essentielle et ce moment de détente dans l’école, puis au bord du lac, nous permet presque de commencer à s’attacher à Aki, la meilleure amie de Mitsuko et surtout « Sur » (car elle ne parle que de choses surréelles ^^) qui a un look  spécial et qui dégage une aura bien à part. On nous parle alors de fatalisme, prédéterminisme, et de comment y échapper avec ses propres choix. Sujet sympa mais qui va vite se faire rattraper par le gore, l’action, et la fuite, encore et toujours. C’est à partir de ce moment du film où j’ai dû crier « What the fuck ?!! » toutes les 2 min. Au début c’était du WTF sympa, attachant et agréable à suivre… Puis on a commencé à s’enfoncer dans le VRAI n’importe quoi. Honnêtement, la scène de tuerie de l’école est vraiment jouissive car il y a de la mitraillette, des explosions à tout va et les ennemis sont des humains. Le vent n’est plus là mais du coup on passe du surnaturel au WTF sans cohérence.

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Le seul élément intriguant restant est le changement de corps qui intervient pour l’héroïne qui passe de Reina Triendl à Shinoda Mariko en arrivant dans une nouvelle ville (après avoir à nouveau fuit) avec de nouvelles personnes. Elle est une autre personne, avec un autre prénom, Keiko, sauf que Aki, sa meilleure amie qui devrait être morte, fait de nouveau son apparition et qu’elle continue, elle, à l’appeler Mitsuko… Là le spectateur est complètement perdu et le pire n’est pas encore arrivé. Oui car maintenant c’est l’héroïne et son amie qui vont tuer les gens autour d’eux, comme ça, tranquille. Keiko va alors se rendre à sa propre cérémonie de mariage pour retrouver son mari à tête de porc, tout en zigouillant ses invités et en échappant aux 2 agents Matrix venus pour les arrêter… Tout cela n’a aucun sens ? OUI TOTALEMENT. Les scènes d’actions, de baston et de tuerie sont vraiment bien réalisées, du coup on suit ce film agréablement mais on est tout de même impatient de connaitre la justification à tout ça. Quel est le pêché de l’héroïne qui a déclenché cette situation, ce monde ? De nombreux personnages secondaire l’interpellent régulièrement en ce sens : « Souviens-toi Mitsuko !« , « Tout est de ta faute !« , …

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Troisième partie, troisième personnage et vous savez quoi ? L’héroïne court encore et toujours, mais cette fois-ci pour une bonne raison car elle s’est « réincarné » dans le corps d’une membre d’un club d’athlétisme. On se permet même de nous balancer quelques flashback sur l’enfance de cette nouvelle héroïne, jouée par Erina Mano, pour nous expliquer que depuis toute jeune elle était douée en course, mais au final tout cela ne servira à rien, car la course en elle-même n’a aucun sens et elle arrive dans une grotte sombre, aux allures de scènes finales. Izumi (son nouveau nom) va alors devoir prendre un choix important pour sortir de ce monde d’horreur et arriver dans le « vrai » monde. Vraiment ?

Jusqu’ici on ne croisait que des femmes mais maintenant on est dans le « monde des hommes« , dans le futur, en 2034 apparemment. Que les choses soient claires je ne vais pas vous raconter la fin pour ne rien vous dévoiler, mais surtout parce que je n’ai RIEN compris. J’ai peut-être loupé certaines subtilités mais toutes les justifications balancées dans le dernier quart d’heure sont soit totalement nazes, soit sans aucun sens. Je suis en colère contre cette fin de TAG car pour moi c’est un ratage total. J’ai vraiment bien aimé la première partie, voire même le délire assumé avec le cochon et les agents Matrix, mais quand TAG essaie de faire du sérieux pour donner un sens à tout ce bordel désolé je n’achète pas. J’aurai limite préféré ne pas avoir de réponses et que tout le monde meure dans une apothéose de sang et de WTF comme certaines scènes nous avaient montré la voie.

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Finalement je ne sais même pas si je peux recommander ce film. Surement que oui, à vous, car vous savez déjà à quoi vous attendre. Le réalisation est bonne, même si certaines bonnes idées sont trop souvent utilisées comme les plans aériens pour s’incarner dans « le vent », les scènes d’actions sont WTF mais très bonnes et le jeu des actrices aurait pu être vraiment pire au vu du casting. Non finalement dans TAG il n’y a que le scénario qui TAChe et c’est vraiment dommage mais cela ne vous empêchera pas de passer un bon moment.

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